La laveuse de mort

SARA OMAR

14 Oct, 2020


Roman traduit du danois par Macha Dathi

Frmesk pousse son premier cri au Kurdistan. Elle a eu le malheur de naître fille. Sa mère va tout faire pour protéger son enfant d’un père violent qui menace de la tuer précisément parce que ce n’est pas un garçon. Heureusement, les grands-parents maternels de Frmesk sont prêts à la recueillir et à l’élever avec amour. Mais pourront-ils la préserver des menaces psychologiques et physiques qui pèsent de tous côtés dans ce Kurdistan ravagé par la guerre, le génocide et la haine ? Un roman fort sur la vulnérabilité et le danger que constitue le simple fait de naître femme.

Après un accouchement particulièrement éprouvant, Rubar donne naissance à Frmesk (“larme”, en kurde). Malheureusement, l’enfant est une fille et son père a beaucoup de mal à l’accepter. C’est un premier déshonneur pour sa famille. En plus du sexe auquel elle est assignée, la frêle Frmesk semble être marquée par le mauvais œil. Une seule mèche de cheveux blancs orne son petit crâne chauve. Est-ce un signe d’Allah ? Que ce cela vienne de sa terrible belle-mère, qui insiste pour que la petite soit excisée pour être ainsi purifiée, ou de la terreur qu’exerce quotidiennement son mari, qui menace de tuer le nouveau-né, la violence est partout et s’accroît. Rubar n’a plus qu’une solution pour sauver sa fille : la confier à ses propres parents. Gawhar, la grand-mère maternelle de Frmesk, est laveuse de mort. Elle s’occupe des corps de femmes que personne ne réclame ou n’enterre, des femmes couvertes d’opprobre et tuées pour avoir déshonoré leur famille. Son mari, Darwésh, le grand-père maternel de Frmesk, quant à lui, est un colonel kurde à la retraite. Contrairement à sa femme, il ne lit pas seulement le Coran, il possède une bibliothèque entière remplie de centaines de livres qui lui permettent d’affûter son regard critique sur ce qui l’entoure, à commencer par la pratique de l’islam. Gawhar et Darwésh sont des gens extrêmement bons et généreux qui ont su créer un foyer aimant et chaleureux pour tous leurs enfants et pour Frmesk. Malheureusement, ils ne pourront pas tenir à distance et faire éternellement barrage aux nombreuses personnes toxiques qui gravitent autour de leur petite-fille, et aux perversions physiques et psychologiques qui pleuvent de tous côtés, au cœur d’un Kurdistan façonné par la guerre, le génocide et la haine. De sa naissance à Zamua, au Kurdistan, en 1986, jusqu’à sa fuite à Skejby, au Danemark où on la retrouve dans un hôpital en 2016, on suit le parcours particulièrement douloureux et semé d’embûches de la jeune Frmesk.


À propos de l'auteur.rice

Sara Omar est née en 1986. Elle vit au Danemark depuis 2001. Elle est née et a été élevée au Kurdistan, mais s’est enfuie et réfugiée au Danemark à la fin des années 1990 à cause de la guerre. Sara Omar est diplômée en sciences politiques, fait partie du Panel d’Experts en Arts & Mondialisation et est membre de plusieurs Conseils danois au sein d’organisations et associations venant en aide aux femmes. Elle a contribué en tant que poète à l’anthologie ORD PÅ FLUGT, publiée en 2016 par PEN Danemark ainsi qu’à KRITIKER, en 2014. Inspiré de faits réels, La Laveuse de mort est son premier roman, et le premier d’une série centrée autour du personnage de Frmesk. Au Danemark, Sara Omar est lauréate du Prix des Lecteurs, ainsi que du Prix des Droits de l’Homme, une reconnaissance qui lui a valu en 2018 d’être élue “Femme de l’année” par le magazine Elle.

Informations complémentaires

Dimensions 11.5 × 21.7 cm
Édition

Prix prévisionnel

Rayon / Collection

Nombre de pages

384

ISBN

978-2-330-13938-4