La parole est aux accusés – Histoires d’une jeunesse sous surveillance, 1950-1960

VÉRONIQUE BLANCHARD & MATHIAS GARDET

23 Sep, 2020


La jeunesse populaire des années 50/60 face à la justice.

C’est grâce a des archives bouleversantes et totalement inédites que sont révélées ici les trajectoires de douze adolescents, six filles et six garçons, aux prises avec la justice au sortir de la guerre. Les deux auteurs, excellents connaisseurs des archives de la justice des mineurs, ont eu accès aux centaines de dossiers de deux centres d’observation, l’un à Savigny-sur-Orge (pour les garçons) et l’autre à Chevilly-Larue (pour filles).
Ces centres qui dépendent de l’Éducation surveillée, détiennent des J.V., « Jeune à vérifier », avant leur passage devant le juge des enfants. Ces dossiers contiennent notamment les écrits et les dessins des adolescents soumis à de nombreux tests et exercices variés. Ces jeunes, issus très majoritairement des classes populaires, se racontent au travers de rédactions, bandes dessinées, lettres à la famille ou au fiancé, ou encore au juge auprès desquels ils tentent de plaider leur cause.
Mais dans ces dossiers est aussi conservée la parole de l’administration : police, médecins, psychologues, assistantes sociales, etc. Le face-à-face entre les mots des jeunes et ceux des experts est d’une violence inouïe. Il en dit long sur les préjugés de classe et de genre, sur le sexisme et le racisme qui prévalaient, conduisant à des décisions de justice aberrantes, lourdes de conséquences pour une jeunesse certes surveillée mais ni écoutée, ni entendue.

• Un magistral face-à-face d’archives : la parole des jeunes face à celle de l’Éducation
surveillée.
• Tellement poignantes, à en être fascinantes, sont les histoires de vie de ces douze adolescents accusés de larcins, prostitution ou simple vagabondage et dont les mots regorgent de désirs, de rêves, de colère aussi.
• En introduction à ces portraits d’une jeunesse sous surveillance, les deux auteurs délivrent leur analyse d’une justice obsédée par le contrôle social.
• Cet ouvrage paraît à l’heure où la suppression de l’ordonnance de 1945 va être discutée à l’Assemblée à l’automne 2020 au profit d’un nouveau code pénal des mineurs : avec quels soubassements idéologiques ?


À propos de l'auteur.rice

Véronique Blanchard est l’auteure de Mauvaises filles avec David Niget (Textuel 2016). Elle est docteure en histoire et responsable du Centre d’exposition « Enfants en justice » à Savigny-sur-Orge.
Mathias Gardet est historien, professeur en sciences de l’éducation à l’université Paris 8.
Ensemble, ils ont publié Mauvaise Graine. Deux siècles d’histoire de la justice des enfants (Textuel, 2017).

Informations complémentaires

Dimensions 23 × 27 cm
Édition

Prix prévisionnel

ISBN

978-2-84597-837-9