Le Dit de l’ost d’Igor

Anonyme

07 Oct, 2020


Traduit du russe par André Markowicz

Le Dit de l’Ost d’Igor, qui est le plus vieux poème russe (il date de la fin du XIIe siècle), est une oeuvre malchanceuse. Malchanceuse, parce qu’on n’en a trouvé qu’une copie, publiée à la fin du XVIIIe siècle, et que cette copie a brûlé en 1812 dans l’incendie de Moscou. Et que, très vite, son éditeur, le comte Moussine-Pouchkine a été soupçonné de forgerie et accusé d’avoir imité Macpherson, qui avait inventé le barde national de l’Ecosse, Ossian…

Aujourd’hui, deux siècles de recherches, de traductions et d’études, ont établi l’authenticité de cette oeuvre, réellement unique : le récit d’un désastre, de l’expédition d’un prince russe, Igor, contre un peuple des steppes, les Polovtsiens — de sa défaite, de sa captivité et de sa fuite, de son retour chez lui. Et l’oeuvre elle-même, comme un soleil noir, traverse toute l’histoire russe, toute la littérature : innombrables, depuis Joukovski et Pouchkine et jusqu’à Mandelstam sont les poètes qui s’en sont inspirés, la traduisent ou la citent.

Andréï Tchernov, ami et disciple du plus grand médiéviste russe Dmitri Likhatchov, a passé une partie de sa vie à restaurer le texte, l’interpréter, à montrer sa structure sonore et rythmique, construite sur les allitérations internes et le jeu fluctuant des accents. Ses études, fougueuses et érudites, me passionnent depuis plus de trente-cinq ans. Il m’avait confié une première version de son travail à la fin des années 80, et tout de suite, j’avais voulu le traduire, pressentant qu’il s’agirait, pour moi aussi, d’un moment essentiel de mon travail. Aujourd’hui, après des dizaines et des dizaines de corrections successives, le texte est prêt, lisible dans toute sa grandeur. C’est, avec l’aide d’Andréï Tchernov, et en me basant sur ses centaines de pages de notes, ce texte que je traduis.


À propos de l'auteur.rice

Igor Sviatoslavitch le Brave (1151- 1201/1202) fut prince de Sévérie. Son nom de baptême est Youri. Il fut prince de Poutyvl (1164-1180), prince de Novhorod-Siverskyï (1180-1198), et prince de Tchernigov (1198-1201/1202). Une de ses expéditions contre les Coumans devint la matière d’un poème épique national, Le Dit de la campagne d’Igor.

Informations complémentaires

Dimensions 10.5 × 15 cm
Édition

Prix prévisionnel

Rayon / Collection

ISBN

978-2-36084-073-1